Pourquoi "Le fil du réel"

Pourquoi "Le fil du réel"

J’ai grandi, comme beaucoup d’entre nous, dans un pays et à une époque où l’on pouvait faire confiance à l’information. Ce n’était pas parfait, mais les journaux, la radio, la télévision tenaient la corde : des moyens, des rédactions, du temps. On lisait, on écoutait, et l’on vivait avec cette idée simple : la vérité, quand elle n’était pas entière, avançait au moins dans la bonne direction.

Aujourd’hui, ce fil s’est amincit. Les rédactions manquent d’air, les propriétaires imposent des horizons court-termistes, les réseaux récompensent le vacarme. Et face aux campagnes de doute, on voit surgir un réflexe humain, que j’ai moi-même parfois : chercher des certitudes qui nous ressemblent plutôt que d’éprouver nos idées. C’est à ce moment que la démocratie se met à tanguer.

Je ne suis pas journaliste. Je suis musicien, chef de chœur, citoyen, et papa. J’ai mes angles morts, mes contradictions, mes enthousiasmes. Ce blog naît d’une inquiétude très simple : le monde que nous laissons à nos enfants ressemble-t-il à celui dont nous avons bénéficié ? J’aimerais répondre oui sans trembler. Pour l’instant, je n’y arrive pas.

Pourquoi un blog, et pas un retour dans le flux des réseaux ? Parce que je veux un lieu calme, sans algorithmes ni injonction à l’instantané. Ici, je n’impose rien : je propose, je questionne, j’essaie de réveiller sans hurler. J’écrirai quand j’aurai quelque chose de solide à dire. Parfois une lettre ouverte. Parfois un résumé très factuel de ce que j’ai lu et recoupé. Parfois une analyse où je prends position, clairement assumée comme opinion.

Oui, je parlerai souvent des États-Unis. Ce pays m’a beaucoup donné. Le voir s’éloigner de ses garde-fous démocratiques m’attriste et m’alarme. Mais j’écrirai aussi sur d’autres sujets qui me choquent, m’interpellent ou me fascinent. Je parlerai des chutes mais aussi et des mains qui relèvent :  je relayerai les voix qui se battent pour la lumière, raconterai ce qui résiste et offrirai des raisons d’espérer.

Mon fil conducteur sera simple : méthode avant posture.

  • Je distinguerai information, analyse et opinion.
  • Je mettrai les sources en bas de page, avec, si possible, des documents primaires.
  • Je publierai les corrections (datées) dès qu’on me les signale avec des preuves.
  • Je dirai mes limites quand je ne sais pas.

Je crois à une idée exigeante de la liberté : un droit, mais surtout une responsabilité. Une démocratie digne de ce nom fait de la place à tout le monde, y compris à la nuance, à la complexité, au changement d’avis. L’Histoire nous apprend que la nuit ne tombe pas d’un coup ; elle grignote.  Ici, chez nous, j’observe une autre pente : notre confort berce, nos habitudes endorment ; à bas bruit, l’inacceptable s’installe et finit par paraître normal. Se taire, parfois, c’est consentir. Alors je parle, modestement, mais fermement. Je ne suis pas là pour distribuer des blâmes ; je commence par me mettre au travail. 

Le ton sera celui que j’essaie de cultiver dans la musique : justesse plutôt que volume, contrepoint plutôt qu’unisson forcé. Je préfère une note tenue, vraie, à une fanfare approximative. Ici, pas de commentaires publics : si vous souhaitez corriger, compléter, contredire, écrivez-moi avec des sources. J’apprendrai volontiers. Ce blog n’engage que moi, en tant qu’individu.

Je ne sais pas où ce chemin mène. Mais je sais pourquoi je le prends : pour que nos enfants puissent, demain encore, tirer le fil du réel sans se couper aux épines du mensonge. « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent », écrivait Hugo. Lutter, ici, ce sera vérifier, nommer, corriger, transmettre.

Bienvenue. Prenons ce fil entre nos doigts, et avançons.

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